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vendredi, 07 avril 2006

Badfinger, les obscurs Beatles

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Badfinger - Walk Out In The Rain (mp3)
Badfinger - Maybe Tomorrow (mp3)
Badfinger - Carry On Until Tomorrow (mp3)



Carry On Until Tomorrow


En 1970, Ringo Star joue dans un film. Magic Christian Music. La BO est composée par un groupe seulement connu jusque là par quelques pubs gallois et londoniens, tombé sous l'aile rassurante des Beatles. Il y a quelques mois à peine, ces avatars des Fab Four s'appelaient The Iveys, mais Paul McCartney a envie de mettre son grain de sel. A présent, ça sera les Badfinger, en référence peut-être au proto-titre de la chanson With A Little Help From My Friend, Badfinger Boogie. Le chanteur de Yesterday compose la chanson Come On And Get It. La patte de Paul fait mouche, le morceau devient numéro un en Angleterre. Le succès du groupe est lancé.

En 1975, Peter Ham le chanteur se pend. En 1983, Tom Evans, le bassiste le suit. En 2004, le batteur Mike Gibbins meurt dans son sommeil. Garçons maudits.

Pour tout vous dire, Badfinger m'a longtemps fasciné. Moins pour sa pop bluesy (excellente ceci dit) que pour son côté obscur et désespéré. Leurs ballades poignantes, la mélancolie qui peut s'en dégager. Carry On Until Tomorrow, avec ses merveilleuses harmonies vocales, ses cordes qui nous déchirent, la voix de Peter Ham, douce et terriblement touchante qui s'envole dans les aigus. Walk Out In The Rain, magnifique berceuse nonchalante. Maybe Tomorrow, parfaite chanson d'amour.

Ecouter Badfinger, c'est comme entendre les Beatles tombés en dépression. Dès lors, leur musique nous met dans un drôle d'état. Sans comprendre pourquoi, cette tragédie commune rend toutes ces chansons bouleversantes, décuple leur pouvoir perforatif. Nul doute, la vie d'un artiste, et en l'occurence sa mort, influence à jamais la façon que nous avons d'écouter sa musique. Carry On Until Tomorrow... mais après demain, qu'en sera-t-il?

Je ne connais que deux disques des Badfinger. Magic Christian Music (1970) et No Dice (1971) qui restent pour moi deux disques cultes d'une exceptionnelle sensibilité, magiques et troublants. Je n'ai hélas jamais pu écouter le disque Badfinger qui avait été comparé à l'époque au Sergent Peppers. Je ne désespère pas de mettre la main dessus.

En attendant, plongez avec moi dans cet univers doucement triste, ressentez cette émotion chaude et nostalgique, effleurez vos souvenirs perdus et vos regrets. Vous revivrez, je vous le promets, ce qui, un jour, vous rendait heureux.

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Image Hosted by ImageShack.us Sid Mooner :

... curieux destin...