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dimanche, 09 avril 2006
The Kooks, La's du revival rock?

The Kooks - You Don't Love Me (mp3)
The Kooks - She Moves In Her Own Way (mp3)
Got No Love
The Kooks ont sorti leur premier album en février 2005 (Inside In, Inside Out), au même moment que les Artic Monkeys. Bizarrement des deux groupes (voire de tous les nouveaux groupes de rock du moment), c'est le moins surprenant qui a bénéficié du buzz éclair et, de facto, d'une renommée internationale. Pourtant les gars de Brighton avait de quoi séduire. Leur nom déjà, empruntée à la chanson numéro 5 du Hunky Dory de Bowie, laissait entrevoir un espoir quant à leurs influences musicales. Pas vraiment le style à lorgner du côté du Stardust en fait, mais plutôt du côté des Kinks (l'ernégie rock), des La's (le son, mais où es-tu Lee Mavers?), des Clash (l'accent reggae et ska) et des Dexys Midnight Runners (le talent mélodique).
On ne perd pas au change.
Plus près de nous, et sans trop m'avancer, les Kooks c'est un peu la rythmique et l'énergie des Hot Hot Heat mêlée à l'esprit 60's des Libertines. Du rock urgent et brut comme peut l'être n'importe quel adolescent de 17 ans (l'âge du guitariste). Comme l'est hélas également la plupart des groupes britanniques d'aujourd'hui.
Avec quelque chose en plus malgré tout.
Les Kooks ont en effet réussi à se distinguer en apportant à leur musique une bonne dose de pop mélodique qui nous rappellent agréablement les merveilleuses chansons de Hal. Grâce aussi peut-être à la voix de Luke Pritchard qui renvoie "l'endive humaine" (Magic!) Alex Turner à son bac à sable.
Got No Love est une sublime petite chanson, emplie de torpeur et de légèreté (un rythme à la Portishead). Elle est une preuve évidente de la capacité de ce groupe à calmer ses ardeurs pour offrir à ses auditeurs des moments d'apaisement débordant de sérénité. Avec You Don't No Love Me, on retombe dans la part rock du groupe, c'est du basique, puissant et efficace, déjà entendu évidemment, mais ça fait toujours du bien de se déhancher sur un rythme martial, des accords de guitare rageurs et gueuler "You don't love me, you don't care" en remuant la tête comme un con. Sur ce terrain là, si les Kooks ne sortent pas des carcans du revival-rock-post-punk-dance-floor, ils font aussi bien que tous leurs compairs. On termine avec une jolie pop song enthousiaste et estivale qui sent à merveille les Thrills. Santa Cruz n'est pas si loin.
L'éclectisme des Kooks, entre tubes électriques tapageurs et ballades acoustiques aux mélodies diablement accrocheuses, rend ce groupe attachant bien que dispensable. Me concernant, après une cure d'un mois de réminiscences 80's, cette petite galette de fraîcheur me fait revenir un (court?) instant, avec entrain cependant, à une époque où, hélas, le trop plein de "hype", nouveau groupe bi-mensuel à la mode, nouvelle tuerie pré-mortem outre-atlantique, me fait dire (à tort?) que le rock est peut-être bel et bien mort au milieu des années 90.
18:20 Lien permanent |
Vos réactions à cette note
alcance :
Bon soir romain, je ne sais pas si tu est a Paris , mais si tu est a Paris le prochain 15 d´April il y a un concert d´un groupe spagnol tres bon prope de Paris :
http://elnadador.blogspot.com/2006/04/y-sigo-con-francia.html
et ici un link pour sentir une chanson du groupe
La costa brava - Llamadas perdidas - 03 - Adoro a las pijas de mi ciudad.mp3
the civil servant :
Là Romain
Ca commence à sentir la renommée mondiale, ton blog.
Et c'est pas volé vu que tu te décarcasses bien.
Kooks : bien, bien !
Le rock est mort : possible tout le monde tend à le penser.
Mais tu dois être un des premiers à situer l'acte de décès au milieu des 90's.
Jusqu'alors certains évoquaient le milieu des 80's, d'autres la fin du punk rock vers 78, d'autres encore le concert d'Altamont en 69.
Quant à certains teds que j'ai bien connu, pour eux le rock était mort avec le départ d'Elvis à l'armée.
Alors où est la vérité ? En fait, je suis pas si sur que c'te ptite bête soit morte... ou alors son fantôme réapparaît régulièrement...
Read you soon
Amicalement
Romain :
Civil Servant>> Pour la renommée mondiale, on repassera, mais merci du compliment.
Pour préciser la pensée, je dirais que le rock n'est pas réellement mort mais plutôt qu'il vit depuis qq années un "éternel retour". Excellent lorsque l'on est né en 1990 et qu'on découvre à 16 ans les singes de l'Artic. Moins excellent lorsqu'on est passé par les années 60, 70, 80 ou (me concernant) les années 90.
J'attends que le rock me surprenne. C'est "plus" gagné.
En revanche, pour nuancer mon propos, la musique pop me surprend jour après jour. Le rock a peut-être des limites qui se trouvent précisément dans ses carcans historiques.
Va savoir.
