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mardi, 25 avril 2006

Aztec Camera, chantons sous la pluie

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Aztec Camera - Orchid Girl (mp3)
Aztec Camera - Down The Dip (mp3)
Aztec Camera - Release (mp3)


Down The Dip

Le début des années 80 aura vu l'Ecosse monter au firmament des pays où brille l'étoile de la musique pop. Bien avant Arab Strap, Mogwaï, et Belle & Sebastian, les Cocteau Twins, Orange Juice (quand Edwin Collins avait encore de la gueule, avant I Girl Like You donc), Associates et Big Country teintaient les Highlands d'un renouveau pop, mélodique alternative au marasme social. Classe, élégance et dandysme affiché, l'anorak pop (en référence au temps pluvieux écossais?) se jouait des modes londoniennes. Loin de l'esbrouffe, et de l'hégémonique culture d'un rock FM envahissant.

Aztec Camera a fait partie (avec Jesus & Mary Chain) des premiers groupes qui donnèrent l'impulsion à ce mouvement (que l'on peut considérer sans trop s'avancer comme la préhistoire du mouvement indé actuel). Sacrifiée sur l'hotel du libéralisme tatchérien, cette musique marqua une réaction profonde au punk, par trop terrifiant et nihiliste. D'une authenticité désespérée, "superficielle" et sophistiquée, elle évoquait pourtant avec noirceur et réalisme tantôt la vie d'un quotidien aride, tantôt le désir urgent de se noyer dans un univers futile et grisant.

Du rock prolo en somme.

En 1983 Aztec Camera sort son album High Land, High Rain. Roddy Frame compose 13 joyaux sublimés par des couleurs jazzy. Ce guitariste de génie réussit l'improbable mélange (à l'époque) de la pop et de l'électro-acoustique. Souvenez-vous du tube Oblivious, son rythme entraînant et funky, son solo de guitare digne d'un gitan, et ses airs de flamenco. We Could Send Letters était un véritable clair-obscur, réunissant des mélodies lumineuses (ah ces solos de guitares si chaleureux) et une voix fragile et mélancolique. Equilibre instable (mais si poignant) entre un sentiment de mal être et ce rayon de soleil que l'on aperçoit là-bas, au loin.

Ecouter Aztec Camera c'était parvenir à s'échapper, le temps d'une chanson, d'une vie désoeuvrée et sinistre pour s'envoler dans un monde finalement réconfortant. Doux et léger. Mais jamais aveugle quant à la réalité. Celle de dehors. Il suffit d'écouter Orchid Girl pour comprendre à quel point la musique de ce groupe était d'une infime délicatesse. Ou bien Down The Dip pour se dire qu'Alex Chilton aurait bien pu passer par là. Sublime et touchante petite love song qui étale avec une simplicité déconcertante tout le talent et la sensibilité de Frame.

Ensoleillée, comme un ciel brumeux.

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