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lundi, 12 juin 2006
Tom Verlaine, le poète expiré

Tom Verlaine - Lovebird Asylum Seeker (mp3)
Tom Verlaine - A Stroll (mp3)
Tom Verlaine - The Day On You (mp3)
Lovebird Asylum Seeker
"De la musique avant toute chose" disait le poète Verlaine. Tom, lui, s'est donné le temps de la réflexion. Onze années depuis son dernier disque (Dreamtime), 14 depuis le génial Warm And Cool qui préfigurait avant l'heure le post-rock de Tortoise & Co. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien si le label docteur ès-musique expérimentale Thrill Jockey a signé l'artiste pour la sortie de ces Songs And Other Things.
Soyons clairs : Songs And Other Things ne sonne pas comme Marquee Moon (trouvera-t-on un disque qui réussit à sonner pareil ?). Soyons plus clairs encore : Songs And Other Things contient même quelques merdes exemplaires : A Parade In Littleton qui introduit l'album est un instrumental d'une médiocrité rarement égalée où les mauvaises nappes de synthés étiquettés 80's crépissent sous un gimmick funk à mourir d'ennui. Orbit, morceau sans relief, traîne en longueur dans une ambiance lugubre qui semble nous emmener nulle part malgré le jeu de guitare tout en discrétion de Verlaine. Blue Light est un morceau plus pop qui ne relève pas le niveau, From Her Fingers et The Earth In The Sky finissant d'achever nos doutes : Tom Verlaine se prend pour Knopfler. Cette musique pue le rock FM eigthies. On passe son temps à attendre une explosion géniale, un solo démentiel, mais Verlaine semble hésiter jusqu'au bout et préfère souvent en rester là (le pseudo-oppressant/hypnotique Nice Actress qui se termine en queue de poisson).
Parfois pourtant, le son de Television est bien au rendez-vous. Cristallin, sec et précis. La voix de Verlaine, d'une froide neutralité, entre chant et parler, sa Jazzmaster crunchy, son vibrato, son talent pour trouver la note qu'il faut au bon moment, même Fred Smith (bassiste de Television) est de la partie. Le deuxième morceau de l'album, Heavenly Charm, à l'atmosphère minimaliste, criarde et jazzy, qui renoue avec celle des années 77/78. La balade smithienne A Stroll est intimiste et légère. L'excellent Lovebird Asylum Seeker, lumineuse pop song sur laquelle la voix de Verlaine retrouve une seconde jeunesse, le très balançant Documentary qui renoue avec le psychédélisme d'antant, Shingaling du reggae en mode Television, le gras et bluesy All Weirded Out qui rappelle agréablement The White Stripes, le parfait The Day On You, au final illuminé, et Peace Piece, instrumental à deux guitares à écouter absolument au casque, qui vient clôturer magistralement un disque qui ne rallumera pas la flamme lunaire, mais parviendra malgré tout à faire briller, ici ou là, des étincelles de génie.
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