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mardi, 27 juin 2006
Make Up, la messe du rock'n'roll
Les réincarnations posthumes du rock'n'roll me font toujours un effet monstre. A double titre lorsqu'il s'agit d'une réédition d'un des groupes les plus représentatifs de ce style, lui aussi décédé. Le troisième album live des feu Make Up entre les mains et je comprends ce que les Romains ont ressenti à la vue du "descendant de Dieu sur Terre". Peur, fascination. Tenez, prenez le meilleur live des Stones, Get Yer Ya Ya's Out, mélangez-le avec le meilleur live du Godfather of soul, James Brown At The Appollo pt II, ajoutez-y une pincée du Live At The Deaf Club des Dead Kennedys et vous obtenez le plus excitant disque live de rock'n'roll sorti en 2006 jamais enregistré en 2006. Pas encore convaincus ? Prenez un chanteur fou. Aussi talentueux qu'un Prince, aussi sexuel sur scène qu'un Iggy Pop/Mick Jagger, cent fois plus animal qu'un Jon Spencer (en rut pour l'occasion), véritable prophète soul aussi inspiré qu'un... James Brown (oui encore), aussi charismatique qu'un Jim Morrisson, aussi torride et tribal qu'un Elvis. Ian Svenonius, conjugaison parfaite de ce que le rock'n'roll a pu nous déverser comme clichés sauvages et fiévreux depuis ces 50 dernières années. Capteur de foule (le religieux I Am Pentagon), bête de scène (l'explosif Born On The Floor), précheur possédé et incandescent (l'évangélique The Prophet), brulant de désir (le surexcité Every baby Cries The Same).Make Up. Fervants représentants du Do It Yourself, défenseur d'une musique survoltée et purifiée de tous ses apparats (malgré leur nom) soniques beaucoup trop étouffants. Où lorsque le rock devient une Bible noire. Bonne parole stridente et dépravée, Testament pour une débauche sans fioriture. Mysticisme haranguant (jamais arrogant) la multitude d'un soir, réminiscence d'un "White Panthers" que seuls les MC5 savaient insuffler. Un groupe qui a voué sa courte existence (1993-1997) à l'expression d'un rock pur et dur, mais toujours sobre, revenant à l'instrument principal de tout vrai groupe de rock : la voix, le cri. Sauvage et habité. Les textes aussi. Engagés. La rythmique en arrière mais toujours à l'affut (la fidèle bassiste Michelle Mae, qui accompagne aujourd'hui Svenonius du côté des Weird War, le guitariste James Canty, impeccable). Cette transe religieuse que l'on ne peut voir que dans une seule autre musique, référence première du groupe : le gospel. Celui de Al Green et de Sam Cooke, influences majeures du quatuor.
D'ailleurs, Make Up affirmait jouer du "gospel yé-yé", mélange savoureux de cette soul américaine religieuse et incarnée et d'une pop européenne sixties et légère (comme le prouve leur premier album Destination : Love, parfait exemple de cette association). Enregistré au Black Cat Club (Washington DC), lors d'une ultime tournée, après un ultime disque (Save Yourself), Untouchable Sound fait partie de ces disques live cultes, manifestations de courte durée d'un rock'n'roll inspiré, jubilatoire, et énergique. En tous points phénoménal.
Every Baby Cries The Same
16:25 Lien permanent |
Vos réactions à cette note
dekoij'meuh :
GYYYO le meilleur live officiel voulez-vous dire sûrement ;-)
dadoon :
tres sympa le site, vive la musique!
Insolent Verlaine :
Je découvre, ça m'a l'air bien sérieux, de qualité, et éclectique!
Bravo, je reviendrai! =) vive le rock!
