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jeudi, 13 juillet 2006

L'homme qui parlait à l'oreille de son ange

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medium_bofhorses.jpgSalut Benjamin, tu ne me connais pas, moi un peu. Oh, rien qu'un peu. Frère de tristesse. Ton album Everything All The Time, tes chansons avec ton Band Of Horses, la mort de ton père, la douleur que tu as pu ressentir, cette musique que tu as composée à un moment de ta vie où l'une de tes uniques raisons de vivre se rapprochait peu à peu de l'autre côté. De cet ailleurs qui nous fait peur. Celui vers lequel on n'ose jamais regarder, ou peut-être au moment d'y passer, seulement.
 
En écoutant ton disque, je me dis que vivre son deuil en musique est à la fois l'un des meilleures et pires remêdes. Exorcisation d'une indicible peine ou précipitation accélérée vers un fond noir et étouffant ? Je ne sais pas vraiment ce qu'il en aurait été pour moi. Mais laisse-moi te dire une chose : tu évacues de la plus belle des manières ta souffrance, ton manque et cette absence impensable, inimaginable pour cet enfant que nous sommes restés (au moins jusqu'à ce que les yeux de celui que nous considérait comme tel ne se referment à jamais).

Si j'avais pu.

Si j'avais pu, Ben, j'aurais composé moi aussi un album aussi bouleversant que le tien. Si j'avais pu, j'aurais offert moi aussi des funérailles aussi magiques et délicates à mon père.

Si seulement j'avais pu.

Tes chansons me prennent aux tripes, Ben. Elles me prennent aux tripes parce que je sais qu'elles ne s'adressent pas à moi. Pas à moi et à personne d'autre. A personne d'autre qu'à cette nouvelle étoile qui brille, là haut, juste au-dessus de toi. Une nouvelle étoile parmi tant d'étoiles. Mais pas n'importe laquelle. De la famille de celles qui savent écouter au loin là-bas, tout en bas, les cris des orphelins désespérés. Les plus belles étoiles du ciel, tu sais.

Si j'avais pu.

Si j'avais pu j'aurais évacué comme tu l'as fait ce mal être en chantant moi aussi les fantômes de mon esprit. Ceux-la même qui tourbillonnent incessamment autour de nous, qui nous rongent, creusent notre coeur pour le vider de ses souvenirs, polluent nos sentiments d'un éternel malaise. Et nous laissent. Sans vie. Ton disque n'est pas parfait, Ben. Tu chantes un peu trop comme Wayne Coyne, Magic! a raison. Mais qu'importe. Ta musique est emplie de grâce. Elle me touche. Me chamboule. Me rappelle tellement de choses. J'ai toujours pensé que ceux que nous perdons continuent à inspirer notre vie jusqu'à la fin. Que derrière ce ciel gris se cache notre ange perdu.

Tu confirmes mes espoirs.

 
St Augustine
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 Band Of Horses, Everything All The Times (Sub Pop, 2006)  

15:40 Lien permanent |

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On a tous besoin de chasser des fantômes, ....cette musique est très belle, j'aime le son métallique des cordes de la guitare sèche.