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vendredi, 18 août 2006

L'immatérialité dépoussiérée (VII)

   
    Je réponds à certains commentaires pertinents de Chtif qui a pris la peine de sacrifier une journée de travail pour s'impliquer dans la rédaction de réponses à la plupart de mes notes, et je l'en remercie. Il m'oblige cela dit à clarifier certains points au risque de passer pour ce que je ne suis pas. Permets-moi Chtif de te citer, cela facilitera la compréhension des autres lecteurs.

"J'ai peut-être encore la naïveté de penser qu'il vaut mieux "savoir beaucoup sur un peu"... plutôt "qu'un peu sur tout"..." : Je raisonne différemment et je choisis un juste (?) milieu : en savoir assez sur presque tout. Comme je l'avais écrit précédemment, je crois avoir développé aux dépens du pieu mélomane que j'étais une habitude d'écoute conditionnée par l'utilisation d'Internet (et donc des sites de téléchargement). Ce que j'appelle la fast-music. Le zapping musical. Cette habitude est finalement venu solutionner un problème inhérent à tout amateur de disques : le manque d'argent. Et a dès lors ouvert la porte vicieuse de la découverte.

Mais ma réflexion n'est en aucun cas un parti pris pour le téléchargement. Elle est emplie de paradoxes et de contradictions, preuve de mon tiraillement. Je fais simplement des constats sur l'évolution de ma manière de consommer la musique.

"Je ne me retrouve vraiment pas dans cette nouvelle habitude de consommation qui consiste à "picorer" les infos (...) De quoi passer à côté de pas mal de chef-d'oeuvres..." : Ce que je ne pourrai jamais nier : Internet m'aura permi (justement) de ne pas passer à côté de chefs-d'oeuvre. En revanche (revers de la médaille) j'aurais passé sur chacun d'entre eux beaucoup moins de temps que si je n'en avais découvert qu'un seul. CQFD.

"Je continue à penser qu'un 33T vaut mieux que dix MP3 et que le P2P ne remplacera jamais le plaisir d'un bon vieux CD." : Je n'ai jamais dit et ne dirai jamais qu'un 33 tour a moins de valeur qu'un fichier mp3. Je crois même qu'à l'heure de l'immatérialité, le vinyle s'impose justement comme le véritable objet-collector. Loin devant le CD, ce ridicule boitier de plastique. Il y a un vrai retour vers l'objet et tout les rituels qui s'instaurent avec, grâce au renouveau du vinyle. La taille du disque, la sonorité organique et chaleureuse, la pochette cartonnée. Le disque vinyle a plus à voir avec la matérialité (et toute l'affectivité qui en découle) qu'un compact disque. Avez-vous déjà senti un vieux vinyle ? Cette odeur indescriptible du temps passé. Comme un livre jauni par l'oubli. Avez-vous déjà pris soin d'un compact disque autant que d'un vinyle ? Sincèrement. Car en y réfléchissant, ce "bon vieux CD" n'est rien d'autre que l'ancêtre du mp3 : un son numérisé. Un disque "laser" peut en fin de compte sembler aussi froid et impersonnel qu'un dossier bourré de mp3. 

Si j'avais les moyens de m'offrir ma discothèque, sans hésitation je me l'offrirais en vinyle. C'est une évidence.

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Nous tendons, selon moi, à long terme vers une dissociation radicale du format musical : l'immatérialité totale d'un côté (le mp3 et ses avatars futurs). La matérialité retrouvée, totale elle-aussi (le vinyle) de l'autre. Perché entre ces deux sommets indémodables, le CD. Tiraillé (lui aussi) entre la matérialité (le boitier, le disque, le livret) et l'immatérialité (la froideur du son, le numérique) et voué à disparaître du fait même des compromis qu'il offre.

"Tout écouter, pour le simple fait d'être "au courant", c'est aussi ne rien aimer profondément, être tout le monde à la fois, donc personne, comme tu le dis toi-même... Est-ce que tu as le sentiment "d'aimer" la musique que tu écoutes ? Est-ce que tu as le sentiment un peu puéril mais chaleuureux d'être fan d'un groupe, ou d'un style ?" : Tout écouter (du moins essayer) c'est évidemment ne rien aimer profondément. J'en avais déjà parlé et c'est un des défauts que j'essaie justement de changer chez moi. J'y parviens en me reconcentrant sur ce que j'aime vraiment. En m'écoutant avant d'écouter. Et oui Chtif, le but est évidemment d'aimer profondément la musique que j'écoute.

Pour ce qui est d'être fan, c'est une grande question. Je resterai jusqu'à la fin de ma vie fan de mes groupes "d'origine". Led Zep, Hendrix, AC/DC, les Beatles, les Stones, Young, The Kinks, Deep Purple, Pink Floyd, Cream, Fleetwood Mac et la plupart des groupes des sixties et seventies qui ont pu exister. Ils font partie de moi. J'ai grandi avec. Il y a quelquechose de définitif qui s'est opéré entre eux et moi.

Alors non, plus de poster sur mes mûrs, plus de chansons taguées sur mon bureau, plus de dessins à leur effigie, mais toujours un amour inconditionnel et empli de nostalgie.

Devenir fan est tout un autre débat. Est-ce qu'avoir des coups de coeur revient à être fan ? Je ne sais pas. Il y a dans la fan attitude un aveuglement qui ne me sied plus. Je crois que mon seul but aujourd'hui est de découvrir des artistes qui correspondent le plus possible à mes états d'âme, des disques cultes à mes yeux, à ma vie. Sans me jeter la tête baissée et des mois durant dans l'écoute assidue de toute leur discographie.

Je me dis que cette quête d'identité est propre à l'adolescence et ce besoin disparaît avec le temps et la maturité. Ou à cause des désillusions du monde adulte. Qui sait.

"Couper un album, n'en conserver qu'un ou deux morceaux, ou aucun, ne peut absolument pas être l'oeuvre d'un mélomane. Un mauvais morceau, c'est comme un défaut personnel, on doit l'accepter et peut-être même qu'on l'aimera pour ça." : On ne peut plus d'accord avec cela. C'est d'ailleurs pour cela que j'ai cessé cet acte blasphématoire et décidé de soit garder le disque entier, soit le supprimer. La conservation faisant suite à une écoute (là) assidue du-dit disque et à une interrogation réelle sur l'intérêt que je lui porte (ce que je ne faisais pas avant).

"Je suis partagé entre le mépris envers ce faux rôle de "je connais tout" que tu as dû endosser, et l'admiration de voir le boulôt sur toi-même et l'honnêteté que tu as de le partager avec nous." : Ce rôle de "je connais tout", si tant est que j'ai pu le jouer, je ne le joue que face à moi-même. Ce sentiment de tout-savoir, cette ambition démesurée et vaine à la fois, cette boulimie de connaissance, c'est d'abord quelque chose qui a rapport à moi et à moi-seul. Je n'ai jamais fait étalage de ma connaissance, je ne me suis jamais vanté de posséder 60 Go de musique (certains possèdent le triple, c'eut été ridicule), ni d'avoir des discographies entière d'artistes, et cela pour une raison manifeste : il n'y a et il n'y aura jamais aucun mérite à posséder de la musique immatérielle. Qui plus est téléchargée gratuitement.

C'est quelque chose d'absurde en soi que de se vanter au monde entier de posséder quelque chose qui ne nous a rien coûté.

Non, le rôle est bien joué face à moi-même. Comme un besoin. Comme... une drogue. Insatiable et sans limite. Sans horizon et sans accroche. 

"Respect que je cherche au travers des lignes ici, mais que j'ai du mal à ressentir, même s'il est clair que tu as un jour vibré pour tel ou tel groupe..." : Voilà où le bât blesse. La question du respect. Il est évidemment plus facile de respecter la musique lorsque l'on a les moyens (financiers) de le faire.

Je ne dis pas que je respecte la musique en la téléchargeant gratuitement. Ce serait nier l'évidence. J'ai probablement même manqué de respect aux groupes que j'ai écoutés sans réellement les écouter et que j'ai parqués ensuite dans les rayons infinis de mon disque dur. J'essaie de rétablir la balance. C'est long.

"Pas trop de morceaux en écoute chez moi, parce que je pense que faire l'effort d'aller chercher le disque (...) Pour l'instant, je continue à acheter des cds (jusqu'à 5 par semaine)." : Comme je te le disais en réponse à ton commentaire, si j'avais les moyens de m'acheter 5 disques par semaine, je n'aurais plus aucun problème et les réflexions sur l'immatérialité de la musique me sembleraient bien loin.

J'ai dans le coeur l'esprit du vrai mélomane attaché au respect et à la matérialité de la musique. Je ne l'ai hélas pas pour l'instant dans les poches de mon portefeuille.

Je vous propose d'écouter l'un de mes morceaux préférés des Vaselines, You Think You're A Man (mp3) extrait de l'indispensable The Way Of The Vaselines. C'est savoureux, sexuel, psychédélique, jubilatoire et terriblement entêtant. Ne ratez pas l'orgasme de fin.

21:05 Lien permanent |

Vos réactions à cette note



Image Hosted by ImageShack.us Chtif :

Merci beaucoup, Romain, pour cette argumentaire personnalisé, je n'en demandais pas tant, loin de là.

Je reviens voir aujourd'hui ton blog avec une approche plus sereine, et encore un bon bout de chemin cogitant d'effectué. Toutes les réponses que tu fournis dans ce dernier article sont évidemment censées et je ferais vraiment preuve de mauvaise foi en essayant de les discuter. La même mauvaise foi qui m'a fait mettre en doute ce fameux respect... Quand on voit le temps pas possible que tu consacres à parler de musique, et tenter de faire découvrir aux gens de nouvelles chansons...! Mea culpa.

Ce que je retiens de tous ces articles, c'est ceci:
"Mais ma réflexion n'est en aucun cas un parti pris pour le téléchargement. Elle est emplie de paradoxes et de contradictions, preuve de mon tiraillement. Je fais simplement des constats sur l'évolution de ma manière de consommer la musique."
Chose que j'avais très bien comprise... et sans doute mal commentée dans mon emportement. Comme je te le disais, cet emportement vient autant de la révolte envers ce nouveau mode de consommation (le "fast-music") aliénant et réducteur, que du constat effrayé que moi aussi, je risque bien d'en arriver là. Tes propres interrogations/réflexions éveillent les miennes avec quelques années d'avance, que ce soit au niveau de la question du téléchargement, que celui plus viscéral de notre propre attachement à la musique. J'aimerais rester le jeune con naïf qui cherche encore des perles rares, et qui parfois en trouve et s'en émerveille.

Ah, juste une chose, pour finir, afin de répondre à ce que tu ne dis pas vraiment tout en le pensant très fort (c'est pour l'ego !), J'ai 25 ans, et encore étudiant... Donc côté budget...bof bof ! Les "jusqu'à 5 albums par semaine" (important, le "jusqu'à" !) dont je parle ne sont donc que le fruit de recherches intensives en disqueries et autres bacs d'occase ! Après écoute sur internet et téléchargement la plupart du temps.

Bye Romain, je reviens bien évidemment lire la suite de ton parcours.


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Merci beaucoup, Romain, pour cette argumentaire personnalisé, je n'en demandais pas tant, loin de là.

Je reviens voir aujourd'hui ton blog avec une approche plus sereine, et encore un bon bout de chemin cogitant d'effectué. Toutes les réponses que tu fournis dans ce dernier article sont évidemment censées et je ferais vraiment preuve de mauvaise foi en essayant de les discuter. La même mauvaise foi qui m'a fait mettre en doute ce fameux respect... Quand on voit le temps pas possible que tu consacres à parler de musique, et tenter de faire découvrir aux gens de nouvelles chansons...! Mea culpa.

Ce que je retiens de tous ces articles, c'est ceci:
"Mais ma réflexion n'est en aucun cas un parti pris pour le téléchargement. Elle est emplie de paradoxes et de contradictions, preuve de mon tiraillement. Je fais simplement des constats sur l'évolution de ma manière de consommer la musique."
Chose que j'avais très bien comprise... et sans doute mal commentée dans mon emportement. Comme je te le disais, cet emportement vient autant de la révolte envers ce nouveau mode de consommation (le "fast-music") aliénant et réducteur, que du constat effrayé que moi aussi, je risque bien d'en arriver là. Tes propres interrogations/réflexions éveillent les miennes avec quelques années d'avance, que ce soit au niveau de la question du téléchargement, que celui plus viscéral de notre propre attachement à la musique. J'aimerais rester le jeune con naïf qui cherche encore des perles rares, et qui parfois en trouve et s'en émerveille.

Ah, juste une chose, pour finir, afin de répondre à ce que tu ne dis pas vraiment tout en le pensant très fort (c'est pour l'ego !), J'ai 25 ans, et encore étudiant... Donc côté budget...bof bof ! Les "jusqu'à 5 albums par semaine" (important, le "jusqu'à" !) dont je parle ne sont donc que le fruit de recherches intensives en disqueries et autres bacs d'occase ! Après écoute sur internet et téléchargement la plupart du temps.

Bye Romain, je reviens bien évidemment lire la suite de ton parcours.


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En général, un groupe se sont des humains qui jouent de leur voix mais aussi de leur corps. Une chanson c'est un tout, un texte, une musique, un corps. UN CORPS. la dimension physique de la musique se situe là ! Dans ce corps.... Pas dans le support qui est dès le vinyle le début de la dématerialisation de la musique et d'une chanson. Le lieu véritable d'écoute d'une chanson, ce pourquoi elle a été écrite avec ou sans ses copines qui fonderont peut être un jour le concept plus ou moins bancal d'"Album", est au bout du compte la scene. L'objet vinyle, cd, cassette analogique, mp3 se sont juste des supports des copies de copies de copies des oeuvres originales qui n'ont d'intéret finalement que lorsqu'elles sont vécues dans l'immédiat sur scène. Le Cri d'Edi Muntch on le considère comme un chef d'oeuvre d'après photo. Mais l'experience du Cri, la peinture, ne peut être comparé avec les reproductions photographiques. Ceci n'est pas une pipe donc. L'oeuvre musicale est finie lorsqu'elle est joué sur scene. Le studio c'est le début de la copie.
Dès lors pourquoi ce disputer sur les supports? M'en fous des supports, m'en fous des méthodes d'écoutes. Ecoutez la musique comme vous le voulez. Téléchargez les albums des mégastars sans vous poser de questions. Evitez de télécharger les albums entiers des groupes indépendants faites en sorte quand vous les aimer d'acheter leurs albums pour ensuite télécharger gratuitement leurs futurs albums sans vergogne lorsqu'ils deviendront des mégastars. Pillons les riches, économisons ensuite pour offrir aux pauvres.
les querelles de support m'ennuie, quand au P2P utilisé de façon intelligente je n'ai rien contre.

Alors suis je mélomane? chais pas.... Mais sans la musique.... je suis mort (et je ne peux pas en dire autant des autres arts...la vache, même pas l'cinoche !).

Ps: Quant à vérifier de la qualité d'un chanteur, d'une musique et de crier au chef d'oeuvre d'après copie (le cd, le vinyle, la cassette analogique, le mp3) il faut revoir Phantom 0f The Paradise. Il n'y a rien de plus faux qu'un enregistrement...


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Je me dis sans arrêt, à lire tout ça, que ce qui importe, ça reste la musique. Point barre.
Sur vinyl, sur cd, sur mp3.
Payante, gratuite.
Achetée, volée.
Live, enregistrée.

Rien d'autre ne compte pour moi que ce qui sort de mes enceintes.
Et parfois je m'écoute un album en entier, parfois j'organise ma mp3thèque en gigantesque radio (la seule qui me fasse découvrir des musiques que j'aime).
Finalement, dans ma pratique quotidienne, les mp3s n'ont pas changé ma façon d'écouter de la musique. C'est peut-être juste une question de volonté.
J'estime finalement avoir gagné grâce aux mp3s en confort d'utilisation, en espace de rangement chez moi et économisé des milliers d'euros...

donc si vous avez besoin d'un avocat pour le mp3 lors du procès que vous lui organisez, appelez-moi ! ;)


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Chtif : Je t'ai un peu provoqué pour les "jusqu'à 5 cd par semaine".
Je me doute bien que tu ne peux pas te payer 5 disques toutes les semaines.

Ceci dit la question de l'argent dans le "respect de la musique" est une vraie question, surtout chez nous les jeunes. Et plus particulièrement chez ceux qui recherchent des raretés souvent en import.

Et bon sang que les import sont chers...

L'AdCR : D'accord avec toi sur l'idée que la seule véritable musique (celle achevée) est celle que l'on voit sur scène. La musique du vivant.

Cela dit je persiste à penser que l'on ne peut pas mettre au même niveau la beauté sonore d'un vinyle (et l'objet) et un simple disque "laser" tellement moins... humain.

Ah, et je reconnais bien en toi tes conceptions "radicales" et antilibérales (?) (le côté Robin des Bois) et les trouve même séduisantes. Le problème est que je n'écoute pratiquement aucune méga-star... enfin sauf celles qui sont mortes.

Rorschach : D'accord avec toi sur le confort d'utilisation qu'offre le format mp3, que cela soit à la maison ou à l'extérieur. Pour le reste, cette idée que seul compte la musique, je comprends. Je me le dis même parfois moi aussi.

Mais parfois aussi, je trouve tout ceci abyssal et risqué. Comme si à n'écouter que LA musique, on pouvait finir à terme par se perdre.

Merci en tous cas à vous tous pour l'enrichissement que vous apportez à mes minables réflexions.


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Il n'y a pas de "vérité vraie".
Bien sûr les vinyles sont plus qu'un simple support musical, ce sont des objets (mais je ne suis pas objectif, j'ai un âge qui fait que j'ai grandi avec des vinyles)(mais pour les mêmes raisons je délaissais les K7 pré-enregistrées), mais le plus important reste la musique.

Finalement, je crois que je me désole plus (ça fait vieux con mais j'assume...) de l'évaporation de "l'album" au profit de "la chanson" même si ce n'est qu'un retour plus de 40 ans en arrière. Dans la musique comme pour le reste il doit exister des cycles...


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Malheureusement, pour certains d'entre nous, en plus du manque de moyens, il est difficile de trouver les disques recherchés assidument. Il existe de moins en moins (en province en tout cas) de disquaires qui feront l'effort de te faire écouter un import avant que tu aies sorti les billets. Et moins en moins de disquaires tout court. Certains disques sont tout bonnement introuvables. Moi qui écoute pas mal de jazz, je sais les efforts que me coutaient l'obtention de certains Stan Getz avant que je commence à les télécharger. Ce qui, soit dit en passant, ne m'empêche pas de les acheter si par bonheur, ils sont réédités.
Récemment, attiré par un morceau d'Half Handed Cloud j'ai décidé de sauter le pas. J'ai cherché. J'ai pas trouvé. J'ai téléchargé. J'ai écouté. 1 fois, 10 fois, 20 fois. Je ne suis pas sur qu'il m'aurait été possible d'en faire bien plus, des écoutes, si j'avais acheté l'album. (idem pour le dernier Hot Chip, désormais disponible, mais depuis hier).
J'ai stocké quelques abums (mais pas 80 go) dans mon ordi portable, j'ai de très bonnes enceintes, il me sert en fait de baladeur. Je crois vraiment aimer ce que j'écoute. Mais je sais qu'il me faut être vigilant pour ne pas devenir un boulimique emulien.

Je pense qu'ayant grandi avec le CD, n'ayant jamais énormément apprécié ce dernier, il m'est sans doute plus aisé que pour certains de ne pas considérer que la musique est autre chose que du bruit intelligent. Il est pourtant indiscutable pour moi que les plus grands moments de plaisir que m'a procuré la musique ont pour origine ma chaine hifi, un CD acheté, une écoute attentive et pas parasitée par la lumière de l'écran ou le bruit des touches. Mais il y a , à mon sens, plusieurs manières d'écouter de la musique : sereinement, attentivement quand le temps nous le permet, mais aussi comme agréable et destressant fond musical, tout en faisant autre chose, quitte à ne pas réellement l'entendre. Dans le deuxième cas, le mp3, le téléchargement ne me semblent pas altérer quoi que ce soit. Dans le premier, je rejoins chtif sur l'importance de l'achat et d'une qualité musicale supérieure à celle du mp3.


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... "ce bon vieux cd" ... ça m'a fait rire, c'est la première fois que je l'entends :o)

une petite photo pour toi :o)

http://img245.imageshack.us/img245/29/pickup8099nh9.jpg

ps ... c'est "come prima" un ep de Marino Marini qui tourne lol