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mardi, 12 septembre 2006

Tim Buckley, l'étoile filante du jazz

Tim Buckley


Un retour vers nos années 60 inspiré par le billet de NotBilly qui m'a franchement donné envie de me procurer (que d'ambiguïté dans ce terme !) Dream Letter, son disque préféré du père Buckley.

L'occasion donc de vous parler de mon album culte à moi (non je le fais exprès) Starsailor, avec lequel débute peu ou prou la période expérimentale du songwriter.

A seulement 23 ans à la sortie du disque (1970), Tim module déjà sa voix à la manière d'un saxophone (Coltrane, période Stellar Region) et compose un jazz torturé et spatial à la hauteur d'un Mile Davis (In A Silent Way).

Starsailor m'a toujours fasciné. Beaucoup plus difficile à appréhender que ses tous premiers albums, le disque est bati sur des improvisation vocales (le titre Starsailor, OVNI sonore digne du meilleur de Robert Wyatt) et (a)rythmiques plutôt risquées (Jungle Fire (mp3), du jamais vu).

Moins romantique et traditionnel (sic) que son premier chef d'oeuvre Blue Afternoon paru pourtant quelques mois auparavant, tellement plus radical que Lorca où jazz et folk s'alliaient malgré tout déjà dans le sublime, Starsailor est un voyage sidérant au coeur du free jazz, à la fois lugubre et velouté, dissonnant et mélancolique, dans la pure lignée de l'album Goodbye & Hello (1967) à l'époque duquel sera composée Song To The Siren (mp3), étrangement présente sur ce disque : une pause cela dit salvatrice dans cette univers extraterrestre et l'une des mes chansons préférées de Tim. Bouleversante comme une larme qui n'en finit pas de couler.

13:55 Lien permanent |

Vos réactions à cette note



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y'a rien qui m'emmerde plus que ces petits artistes obscurs et le plus
souvent anecdotiques que nos parents ne prenaient même pas le temps d'écouter. Le pire c'est qu'ils avaient raison.


Image Hosted by ImageShack.us koobeye est un naz :

Quel crétin... bref. Bravo pour cette réhabilitation de Tim Buckley. (Starsailor en plus!) Je ne comprends toujours pas pourquoi on continue de le bouder ou de le considérer comme "obscur". Mais bon, il y a fort à parie que ça ne va pas durer. Un authentique génie


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Sans Tim Buckley il n'y aurait pas des tits jeunes brillants (un brin déprimant) comme Starsailor.


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Mon bon vieux Koobeye, l'anecdotique n'est pas toujours là où l'on croit. Surtout lorsqu'on parle de la décennie 60's.

Un conseil : n'écoute plus tes parents.


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Sans Ivo et le chant lacrimal pour snobinards de Liz Frazer, Tim Buckley et ses glapissements auto-indulgents et avinés n'aurait pas quitté les oubliettes de l'histoire pour le plus grand bonheur de nos oreilles. Cela nous aurait épargné Starsailor dont ma capacité d'écoute n'excède pas un morceau et demi, volume à zéro.


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encore une de ces phrases bidon passe partout : l'anecdotique
n'est pas toujours où l'on surtout quand on parle des décennies 20, 30, 40, 50, 60, 70, 80, 90, etc.

Conseil : relis Chateaubriand.


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Relax Koobeye, tu n'aimes pas Tim Buckley, ok. Je ne vais pas passer la journée à polimiquer sur tes goûts.

J'employais ma phrase "passe partout" à bon escient : la décennie 60 est la première (la seule ?) décennie où en matière de musique pop les engouements pour certains artistes prirent une place démesurée dans l'esprit du public et "obscurcirent" ou rendirent "anecdotiques" d'autres artistes relégués au rang d'artistes mineurs à défaut d'avoir eu une place pour percer.

Deux exemples faciles mais significatifs:

Je n'enlève rien au génie des Beatles en disant qu'à cause d'eux, un bon nombres d'excellents groupes n'ont jamais réussi à accaparer l'affection des mélomanes de l'époque (les Byrds, tiens, que l'on a toujours considérés, à tort, comme des sous-Beatles d'Amérique).

Derrière Bob Dylan se cachaient également des dizaines d'autres songwriter aussi doués que lui (dont Tim Buckley selon moi, Gene Clark, et autres Parson). Pourtant, quand on pense folk 60's, on ne pense qu'à Dylan.

Rarement une décennie aura mis en place une chappe de plomb aussi forte en matière de musique. A cause sans doute des symboles puissants qui jonchaient ces années.

Peut-être est-ce pour cela que l'on découvre aujourd'hui autant d'artistes considérés à l'époque (par tes parents tiens) comme obscurs et mineurs.

Demande à quelqun à quoi il pense si on lui dit "musique années 60", il répondra "Beatles, Rolling Stones (au mieux), yé-yé (au pire)".

Dans les années 70, tout sera différent, aucun groupe n'a véritablement eu la main mise dans le coeur de ses contemporains.

Les choses ont éclaté.

Mais promi, je relirai Chateaubriand.


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je suis très relax.
Peut être qu'à l'époque de Dylan ou des Beatles,
certains "critiques/experts" en musique pop avaient estimé que tes Tim Buckley, Fred Neil et autres Jackson C Frank ne valaient pas qu'ils
se fassent chier à les écouter plus de deux ou trois fois ? ou peut être, rechignant à en faire part à un plus grand public avaient ils gardé ces "découvertes" par devers eux ?

Je me demande si la fascination exercée par Tino Rossi, Trénet ou Jean Sablon sur nos grands mères dans les années 30 n'a pas occulté d'autres Marianne Oswald ?


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complèrement névrosé ce type...


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Personnellement, je ne me fie jamais aux "experts/critiques" car, comme tu le dis si bien, ou bien (oui peut-être) ils conservent tous ces trésors "anecdotiques" pour eux et eux-seuls, ou bien (plus plausible) ils dénigrent l'art mineur jugeant que ce qui ne fait pas triomphe dans l'opinion majoritaire du public ne vaut rien.

Hélas pour ta tentative de démonstration, et à moins que je me trompe, Tino Rossi, Trenet et Jean Sablon n'ont pas eu un succès internationale (planétaire ?) comme l'ont eu les Beatles ou Dylan.

Encore une preuve que les années 60 avaient quelque chose de différents des autres décennies. Jamais un groupe ou un artiste n'a autant symbolisé une période. Jamais un groupe ou un artiste n'a autant obscurci ses "concurrents". A-t-on connu une autre Beatlesmania ?

Cela dit, j'apprécie tes efforts et ton usage de références, légèrement abusif.

Mais quoi, il faut bien remplir.


Image Hosted by ImageShack.us il faudrait supprimer les commentaires sur les blogs :

ouais koobeye en gros t'écoutes Garou quoi. Non mais t'as le droit hein, c'est bien Garou. Pas obscur pour un sou lui.


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romain : un peu comme toi quoi les "experts" ?
Je cite : "y'a rien qui m'emmerde plus que de découvrir tous ces petits groupes qui n'iront rarement plus loin qu'une ou deux écoutes sur nos lecteurs. J'ai même des scrupules à vous parler des miens, c'est dire."

c'est qui Garou ?


Image Hosted by ImageShack.us Romain :

Oh si j'étais un "expert" Koobeye, je ne serais pas là ici à faire la parlotte avec toi sur un blog, je me la coulerais douce dans une salle de rédac' à écouter la tonne de disques reçue gratuitement chaque jour.

Ma réflexion à partir de laquelle tu tires cette citation part de l'idée que la blogosphère est devenue une usine à découverte, le monde des buzz quoi. Auquel je participe d'ailleurs (cf. mes notes sur "L'immatérialité dépoussiérée").

Cette usine induit de facto la saturation de l'internaute mélomane qui découvre chaque jour sur chaque blog un nouveau groupe. Ce qui empêche indubitablement l'approfondissement et entraîne, globalement, le désintérêt pour des artistes qui mériteraient d'être connus mais qui sont, justement, découverts en même temps que des dizaines d'autres.

Lorsque je dis que ces groupes n'iront rarement pas plus loin qu'une ou deux écoutes sur nos lecteurs, c'est précisément parce que nous vivons une ère du zapping musical qui nous amène à "zapper" la musique par boulimie ou autres pathologies causées par les nouvelles technologies.

Je ne dis en rien que ce sont de mauvais groupes, auquel cas je n'en parlerais même pas.

Mes scrupules viennent du fait que je sais pertinemment que ces groupes que je découvre et que j'aime, les internautes en face, ne s'y arrêteront presque pas. Tout juste le temps d'une écoute.

Et je fais de même avec ce que les autres internautes me font découvrir. Je découvre des artistes que j'aime mais je n'approfondis pas car d'autres viennent derrière.

C'est un défaut que j'essaie de corriger, mais c'est globalement l'attitude de beaucoup d'internautes adeptes du mp3 (pas tous, mais beaucoup).

Je te laisse continuer ton travail minutieux de contradiction. Je trouve cela amusant.

Bien que vain.


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...je pensais pas que pour un trés joli post sur Tim Buckley y allait avoir autant de ménage ...ça fait vraiment plaisir de ré-entendre sa musique...


Image Hosted by ImageShack.us Emmi :

Koobeye : "glapissements auto-indulgents et avinés". Pour l'auto-indulgence, ça se discute (perso, je ne trouve pas du tout) et "avinés", c'est faux. C'est une OD d'héro sniffée qui l'a tué, pas la bibine. Et il était toujours clean au moment des concerts.
Tu remarqueras que je ne m'arrête pas sur le fond de tes propos, car je suis sûr que nous ne nous entendrons pas.
Par contre, Starsailor reste toujours introuvable dans le commerce, toujours pas réédité, me semble-t-il. Dommage pour ceux qui ne l'ont pas...


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Oh oui c'était un ange tout propre sur lui (comme tous ses camarades de la chorale à l'époque) peut être même était il vierge qui sait ? ah non il était pas tout seul, y'a eu le Jeff !

quand à son alcoolisme patenté, ma poule relis sa bio :

après l'échec de Starsailor mouarf le genre de disques qui, vingt ans plus tard, se retrouve porté aux nues selon le principe romanien "mes parents ne l'ont pas écouté donc chef d'oeuvre"

mais revenons à la brute avinée :
he gobles reds like vitamins, booze like a sailor.

on june 28 1975 as was his custom after final performances, he got DRUNK, this time starting in the afternoon...

the combined dosage of alcohol and heroin proved to be too much for him. Thinking that he was only drunk...

Pourquoi pensaient ils ça ses pettis camarades ? parce que
on many previous occasions Buckley had ingested considerably MORE ALCOHOL and drugs than this.
(source timbuckley.com)

et si l'officialité de la chose ne suffisait pas, voici une couche supplémentaire :

Unable to produce his own music and almost completely broke, he turned to alcohol and drug binges.

et encore

On June 28, 1975 [...] the combination of a small amount of drugs mixed WITH THE AMOUNT OF ALCOHOL HE'D BEEN CONSUMING ALL DAY to celebrate the tour's end was too much.
source : http://en.wikipedia.org/wiki/Tim_Buckley

je maintiens donc tocard aviné (ça fait moins romantique que "loser magnifique" mouarf !).


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Toujours à l'affût Cubeye ? Tu es fascinant.

Bon.

Evite cependant les raccourcis de pensées (je parle de ceux qui me concernent, les tiens ne me dérangent pas plus que ça).

En l'occurence j'ai découvert beaucoup de chefs d'oeuvre grâce à mes parents (certains Beatles, Léonard Cohen, Dylan et tous ces vieux vinyles qui traînent souvent dans les cartons). Par contre, ce n'est pas parce que mes parents n'écoutaient pas certains artistes que je n'ai pas eu la curiosité de les découvrir (les parents se trompent parfois tu sais).

Je te cite parce que je sais que tu raffoles des citations : "y'a rien qui m'emmerde plus que ces petits artistes obscurs et le plus
souvent anecdotiques que nos parents ne prenaient même pas le temps d'écouter. Le pire c'est qu'ils avaient raison." (extrait de ton tout premier commentaire, ça r'monte hein).

Ou, en employant (parce que tu en raffoles aussi) un p'tit raccourci de pensée (ça va te faire plaisir tu vas voir) : "mes parents ne l'ont pas écouté donc grosse merde".

C'est balo les raccourcis de pensée n'est-ce pas Cubeye ?

C'est surtout terriblement minable (argumentativement parlant évidemment).

Bien.

Concernant l'alcoolisme de Tim, il faudrait préciser qu'il n'est réellement tombé dedans seulement après l'échec de Starsailor : trop différent de ces premiers disques, le public de l'époque attendait autre chose, le Tim Buckley folk et "romantique".

Lui était déjà passé à autre chose. Personne n'est génie en son temps.

Tim Buckley s'est enfermé dans l'alcool et la drogue ? Oué et alors Cubeye ?

Les artistes de l'époque qui ne buvaient pas, qui ne se droguaient pas se comptent sur les doigts de la main.

Que m'importe que Jim Morisson, Jimi Hendrix, Bon Scott, Janis Joplin, tous les membres des Stones, des Beatles, de Led Zep, des Who, des Byrds, des Kinks, et finalement tous les artistes des années 60 et 70 se shootaient, se camaient et buvaient comme des porcs, ça n'enlève rien (ça rajoute?) à leur talent que je sache.

Trouve autre chose (tu en es capable).

Ah, au fait, ta citation de Wikipédia n'est qu'un petit copier-coller extrait de la biographie officielle du songwriter (http://www.timbuckley.com/).

Et comme je sais que tu raffoles de ce genre de gadget démonstratif à la con, voici la mienne (extraite de la biographie officielle donc) :

"Tim Buckley helds hands with the world for awhile. He gave in fire and fury and perverse humor the totality of his life's experience, which was vast far beyond of his mere 28 years. He courageously stood on the arena-stages of our barrooms and auditoriums, ultimately alone, singing from within his own flames like a demon pessessed. He had a beauty of spirit, a beauty of song and a beauty of personage that re-etched the face of the lives of all who knew him, and of all who ever truly heard him sing. He burned with a very special flame, one of a kind. No doubt about that."

Elle se situe tout à la fin de la biographie et elle est signée Lee Hazlewood.

Sans doute aussi un petit artiste obscur et anecdotique.


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Mon raccourci préféré : Zak Starkey fils de Keith Moon (mouaaarf)

Lee qui ?
ah voué le gigolo sinatresque à qui il arrivait de compozouiller.
Le pauvre, il est tombé de Nancy en Ann Margret.


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Alors quoi Cubeye, c'est tout ?

C'est tout ce que tu as à nous offrir ?

On débat stérilement sur le génie de Tim Buckley et tout ce que tu trouves à nous donner comme démonstration de ton esprit de contradiction c'est de citer de manière, convenons-le, plutôt hors sujet, une petite bourde que j'ai eu l'honnêteté de laisser apparente concernant les Who ?

Allons Cubeye... un effort.

On va finir par croire que tu n'as plus rien à dire à force d'utiliser les perches que je te tends.

Ce serait franchement dommage pour nous.


Image Hosted by ImageShack.us Emmi :

Cubeye, je suis fasciné par le temps que tu passes à faire des recherches sur des artistes dont tu n'aimes ni la vie, ni l'oeuvre. Focalise toi sur ce que tu aimes, tu perdras moins de temps dans ta vie.
Sinon je n'ai jamais affirmé qu'il était clean en permanence, mais tu lis ce que tu veux lire.
Et puisque tu n'aimes pas Tim Buckley, procure toi vite "Dream Brother : Vies et morts de Jeff et Tim Buckley" de David Browne. Fourmillant d'anecdotes très précises, il te permettra de briller en société avec ce mordant que tu affectionnes.