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dimanche, 17 septembre 2006
"Aimez votre école, subventionnez-là !"

Tout le paradoxe de cette contribution réside, vous vous en doutez bien, dans le terme "facultative". Aussi facultative que les devoirs suplémentaires que nous n'étions pas obligés de faire aux collèges mais sans lesquels notre moyenne ne risquait pas de décoller (contrairement à notre réputation de glandeur auprès des professeurs).
Dans ce "facultatif" réside une hypocrisie aussi injuste qu'outrancière. Au sacré nom du civisme et de l'amour pour notre école, il nous est ainsi demandé grâcieusement de combler le trou financier à la place d'un Etat qui accorde aujourd'hui plus d'argent par élèves et par an aux collèges et aux établissements techniques (plus de 8 000 euros par élèves et par an) qu'aux universités (un peu plus de 5 000).
Mon école est publique et manque cruellement de moyen. C'est une donnée implacable et quasi universelle en matière d'établissements supérieurs publics.
Mais au lieu d'augmenter les frais d'inscription, autrement dit d'assumer pleinement la maigreur de ses caisses au risque d'entrer de manière explicite en conflit avec ses étudiants, elle a choisi de détourner le sujet et de créer cette contribution qui derrière l'objectif aux allures honorables mais au fond complètement vain d'engager les étudiants dans l'image et l'avenir de leur école (en la soutenant financièrement), n'a d'autre but que de palier (civiquement, laissez-moi rire) le manque de subvention étatique.
Belle astuce qui nous plante, nous étudiants, dans un dilemme éthique sur la reconnaissance que l'on doit (ou pas) porter à notre école, celle-la même qui nous aura permi de faire la carrière que nous ferons un jour, celle sans laquelle tout cela n'aura pas été possible, celle, enfin, sans laquelle, nous ne serons rien.
Evidemment, toute rebellion contre cette contribution nous pose de facto dans la position de l'individualiste ingrat, celui qui se désolidarise du groupe, de la famille, du clan.
Ne pas payer cette contribution facultative, c'est renier la main qui me fait manger, la mère qui me donne la vie.
Impossible.
En contre-partie, cette année, mon école a innové, nous informant que, dorénavant, notre responsabilité serait mise en cause en cas de déterioration ou vol du matériel. Je dois dès mardi montrer patte blanche, attestation de responsabilité civile à la main.
Manifestation sans appel d'un civisme à sens unique.
Pour plus d'information sur les chiffres et, plus globalement, l'actualité des établissements du supérieur, jetez un clic sur le site de l'Observatoire Boivigny.
20:00 Lien permanent |
Vos réactions à cette note
L'Anonyme de Chateau Rouge :
en novlangue on appelle ça le modernisation du systeme scolaire ou universitaire. Lors de ma derniere année en Fac on a foutu l'bordel comme c'est pas possible contre ce genre de pratique qui supputent des centaines d'entorses à la république et à la démocratie. A l'époque dans ma fac nous n'étions qu'un peu moins de 5% à protester, les profs eux même nous ont lynchés. La modernisation de l'université a été mise en place. L'année suivante les profs et les étudiants se sont reveillés avec la gueule de bois. La critique de cette pseudo modernisation est revenue sur le devant de la scène avec le mouvement social de fevrier, mars, avril dernier. Mais il était trop tard...
Bientot on connaitra le bonheur du systeme anglo saxon: les bourgeois et la noblesse pourront s'éduquer. le proletariat encore plus que d'habitude devra se satisfaire des boulots de merde. L'ascension sociale sera dès lors impossible sauf miracle ( et bourses sportives.).
Bon bah j'espere que financierement tu t'en sortiras.
Ps: il faut se réapproprier les mots.
