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mardi, 19 septembre 2006

Chez FOG, on tire sur la foule

medium_Sans-titre-1.15.jpgChez FOG, la nouvelle émission de Franz-Olivier Giesbert, le ton est à l'anticipation politique et romanesque. Après un interview "sans concession" et le débat en compagnie de trois sous-invités écrivains, FOG prend en aparté l'invité pour un face à face, qui revient à la mode depuis le nouveau JT de France 2, mais plus stylisé Labro.

Ce semblant d'intime.

Là, le jeu consiste à répondre à des questions en suputant ce que sera l'avenir. Du genre, "bah on dirait que vous serez Président de la République, d'accord ? Alors dîtes-moi, grâce à quels points avez-vous remporté l'élection?".

Pertinent.

A la fin de l'émission, FOG demande une citation personnelle à l'invité sur "Une certaine idée de la France". Parce qu'il faut toujours terminer une émission par un petit rituel, ça rassure les téléspectateurs faut croire.

Le dernier invité en date,  Arnaud Montebourg (PS) depuis peu Royaliste (bigre que cet ardent défenseur de la démocratie républicaine est mal tombé) a répondu : "Vivre en créant notre destin".

Fort.

Chez Fog, quand on zappe à la fin de l'émission, on part moins con qu'à notre arrivée, une envie profonde bien qu'encore un peu floue de devenir le maître de notre existence, de "devenir ce que l'on est", encrée en nous. Devant nous la France, l'Europe, et... l'inspecteur Barnaby sur la 3. Qu'est-ce qui disait déjà le député là à la télé ?

Revenons à nos moutons. Durant le face-à-face avec FOG, une chroniqueuse sortie d'on ne sait où demande à l'auteur de La Machine à Trahir (excellent bouquin au passage) un difficile (?) effort d'imagination (très légèrement) tiré par les cheveux :

"Ségolène Royale remporte les élections présidentielles de 2007, vous êtes Ministre de l'Intérieur et Paris tombe sous le coup d'une émeute."


Mise en contexte efficace. On entrevoit l'enfer, les voitures qui brûlent, les bébés qu'on égorge, les femmes qu'on viole, bref, le gros caca. On admire aussi l'effort d'imagination cette fois-ci de l'intervenante qui semble être allée chercher très loin cette prospective ubuesque (?). Concordance perfide des évènements de novembre dernier et des Jacqueries d'antant.

Et puis soudain, la question qui tue. Celle que personne n'attendait et qui me fera cogiter toute une nuit (non sans rire): "Que faîtes-vous alors ? Vous laissez faire ou vous demandez à la Garde Nationale de tirer sur la foule ?"

(...)

Bon sang mais oui ! Comment n'y avait-on pas pensé plus tôt ? Comment se fait-il que personne n'ait déjà songé à cette question ? Il le faisait bien en 1789. Remettons au goût du jour le fusil et la baillonnette et éliminons la résistance !

Oui, chez FOG, pas de place à la nuance. Non. On ne rigole pas. Chez FOG, on cultive le machiavélisme, soit on laisse faire, soit on tire dans le tas.

Baaah c'est comme ça la politique de toutes façons. Faut pas se leurrer hein.

Au delà de la pertinence d'une telle question, au delà du travail minutieux de cette chroniqueuse pour parvenir à l'excellence, on dénote encore une fois le sort tragique réservé aux invités politiques (mais pas seulement) qui se fourvoient admiralement dans des émissions qui recyclent éternellement les mêmes ficelles sous couvert d'une appelation nouvelle.

Chez Denisot c'est la "Boîte à questions". Chez France 2 ce sont "Les 5 dernières minutes". Chez le nouveau Ruquier, c'est le fauteuil. C'est la mode des fauteuil tiens (depuis Cauet ?). Tous les invités doivent venir s'y asseoir. Le rituel du fauteuil ça sert à quoi ? Le côté psy probablement. Tiens, je préférais son prédécesseur Ardisson, les interview "Suçer c'est tromper" (déclinez ad lib), ça au moins, c'était de la vraie médiatisation de l'intime.

Chez FOG donc, c'est le face-à-face.

Tous ces sempiternels gadgets qui n'ont d'autre but que de dynamiser un programme que l'on jugerait sans eux, et à tort, ennuyeux, en faisant plus ou moins subtilement basculer l'invité dans l'univers de l'intime, du quotidien, du (bassement) normal.

Mais franchement, est-ce que du côté de Serge Moati et de Riposte, ils ont besoin eux de gadgets dynamisants et pseudo-intimistes avec l'invité pour intéresser le téléspectateur ?

Franchement.

13:20 Lien permanent |

Vos réactions à cette note



Image Hosted by ImageShack.us The Jean genie :

J ai beaucoup aimé l'émission de Ruquier... Enfin jusqu'au départ de Murat et Angot....
Ca a gueulé fort... Angot qui casse Guigou... Arno Klarsfeld qui casse Angot pour défendre Guigou... Murat qui insulte Karlsfeld pour défendre Angot....

Le top a été la venue de la rédactrice en chef de Closer et son lynchage en règle....

9 a fait longtemps que j ai aps autant ri lors d une émission de télé...

Bon c'est vrai que c'était dû à la qualité des invités...

Je pense qu'Ardisson va vite nous manquer...

Mais bon y avait Murat qui est revenu avec un superbe album


Image Hosted by ImageShack.us Romain :

Taormina est pas mal oué en effet.

Et Ardisson me manque. Oué en effet aussi.


Image Hosted by ImageShack.us BADABOUM :

Nan mais, faut arrêter, FOG, c'est quand même Culture & Dépendances.... si il faut regarder quelque chose avec lui c'est bien cela...


Image Hosted by ImageShack.us liza :

tout ça est bien analysé !!! :)

(ça va bastonner sec à la teloche cette année)


Image Hosted by ImageShack.us Romain :

Babdaboum, certes, le problème c'est que Culture & Dépendances n'existe plus (Télérama n° 2955).


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Je vois que vous parlez de sa ... Ou puis je retrouvez Ardisson ? Sur canal non ?


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Ardisson va animer une émission sur Canal +, vers octobre/novembre.